Les scientifiques et experts médicaux comprennent de plus en plus les symptômes liés aux commotions cérébrales. Cependant, ce qui demeure difficile à évaluer, c’est à quel point toutes les sphères de la vie des victimes sont affectées.

La situation est pire pour les adolescents puisque les recherches démontrent que les jeunes ont beaucoup plus de difficultés à se rétablir d’une commotion cérébrale. À cet âge, le temps de récupération sera d’environ un mois pour les adolescents alors que l’adulte guérira en moins de deux semaines habituellement.

Des spécialistes de tous les domaines échangeaient à ce sujet au 2e congrès international des traumatismes craniocérébraux légers chez l’enfant et l’adolescent qui se tenait du 25 au 26 octobre à Rimouski.

Des conférenciers du domaine de la santé, du sport, de l’éducation et même une optométriste y ont participé.

La docteure en optométrie, Véronique Matteau, soutient que «c’est relativement récent qu’on sait que les commotions touchent le système oculaire». Maintenant qu’on le sait, «on peut adapter nos connaissances pour ces cas», ajoute-t-elle.

Des jeunes ayant subi des commotions cérébrales ont aussi pris la parole pour exprimer comment eux ont vécu le drame.

Plusieurs affirment que le plus difficile, pour eux, était de patienter et de ne «rien faire» en attendant la guérison.

Joseph Rouleau trouvait particulièrement difficile de ne pas pouvoir voir ses amis à l’école. «Tu veux aller les voir, mais quand tu arrives là il y a trop de bruits», explique-t-il.

Les effets d’une commotion cérébrale sont nombreux, autant chez la victime que sur son entourage. Rosalie Chartrand y pense maintenant à deux fois avant de jouer physiquement avec ses frères. Elle s’inquiète des effets sur son cerveau d’une autre commotion : «Je dois faire attention parce que je sais que, si je fais une autre commotion, je vais devoir arrêter et, comme je suis très sportive, je n’aime pas ça arrêter».

Sa mère a aussi vu son quotidien chamboulé puisqu’elle a dû prendre quatre mois de congé sabbatique pour prendre soin de sa fille qui était incapable de retourner à l’école.

Selon une autre conférencière, Luce Mongrain, du programme sports-études à l’Académie les Estacades, le principal défi scolaire auquel font face les jeunes traumatisés craniocérébraux est de «faire des étapes de repos et de faire progressivement les étapes». Selon elle, c’est parce qu’«ils se sentent isolés et ils sentent une pression de faire un retour à l’école ou dans le sport».

Luce Mongrain remarque que les mentalités ont grandement changé dans les dernières années et même que maintenant ce sont les élèves qui «se dénoncent et se surveillent entre eux s’il y a des soupçons». Selon elle, les gens sont maintenant conscients de l’ampleur de cette condition.

 

SOURCE : TVA