Le football, c’est plus qu’une passion pour quelque 30 000 jeunes Québécois.

C’est aussi un sport où le risque de commotions cérébrales est très élevé, autant sinon plus qu’au hockey. Au point où des joueurs doivent ranger leurs crampons, trop blessés.

Pourtant, ni le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) ni Football Québec – les deux organismes chargés de les encadrer – n’ont la moindre idée du nombre de commotions que les joueurs subissent. Même si les écoles sont censées les déclarer.

Le RSEQ, qui compte environ 186 000 élèves-athlètes, n’emploie aucun responsable de la sécurité, a appris une équipe de l’émission Enquête.

Quant à Football Québec, son « Règlement de sécurité » ne contient pas une seule ligne sur l’obligation pour les équipes de se doter d’un protocole de détection et de gestion des commotions cérébrales. Pas plus que celle de respecter un protocole de retour au jeu sécuritaire.

Le directeur général de Football Québec, Jean-Charles Meffe, n’a aucune idée du nombre de commotions cérébrales qui se sont produites au sein des équipes membres de sa fédération.

Du côté des écoles, où le football est en pleine expansion, les mesures prises sont inégales. Nous avons fait des demandes d’accès à l’information dans une trentaine d’écoles ayant des équipes de football dont celles des 20 équipes de division 1 et 1b qui, en principe, constituent l’élite du football scolaire québécois.

Nous voulions savoir de quelle information les écoles disposaient pour gérer les commotions cérébrales. Selon les experts, il est essentiel qu’une école ait une documentation écrite adéquate.

Selon la documentation reçue, le Collège Notre-Dame fait partie des écoles les mieux outillées. Et on constate que mieux les écoles le sont, plus leur nombre de commotions cérébrales est élevé. Ce qui signifie probablement, selon nous, qu’elles détectent mieux les commotions, et non que leurs joueurs en font plus.

 

« On est facilement 10 ans en retard au Québec, et aussi au Canada, sur la gestion des commotions cérébrales. Ça fait en sorte que nos jeunes risquent leur vie en jouant dans nos sports. »

Dr Dave Ellemberg, auteur du livre Les commotions cérébrales dans le sport

 

Il y a les commotions, mais il y a aussi les sous-commotions. Des chocs qui ne sont pas assez importants pour provoquer une commotion cérébrale, mais qui s’accumulent, fragilisent le cerveau et finissent à long terme par avoir les mêmes impacts qu’une commotion.

Ces coups à répétition, Étienne Boulay dit en avoir reçu au moins 1000 fois.

 

SOURCE: ENQUÊTE DE RADIO-CANADA