La Fondation du CHU de Québec fait appel à six personnalités sportives de la région pour arriver à mieux détecter les commotions cérébrales et prévenir les maladies qui peuvent en découler.

Pour l’instant, il n’existe pas de moyen précis pour détecter une commotion cérébrale, que ce soit chez un athlète de pointe ou un simple citoyen. Les spécialistes de la santé doivent procéder par déduction, selon les symptômes, qui varient grandement d’une personne à l’autre.

Le neurologue Nicolas Dupré et le chercheur de l’Université Laval François Gros-Louis tentent de développer un outil qui pourrait permettre de diagnostiquer une commotion cérébrale par une prise de sang ou l’analyse de tissus, comme c’est le cas pour d’autres maladies.

« Actuellement, on peut par exemple poser un diagnostic de sclérose en plaques, de maladie de Lou Gehrig, poser un diagnostic de maladie de Parkinson avec certains outils. Par contre, pour les commotions cérébrales, c’est beaucoup plus ardu », illustre Nicolas Dupré.

Six millions de dollars requis

Le projet de recherche demande des investissements majeurs. La Fondation du CHU de Québec lance donc une campagne de financement pour amasser six millions de dollars en trois ans.

La Fondation pourra compter sur l’appui de six personnalités sportives de la région, soit l’ancien joueur de la LNH Simon Gagné, l’homme d’affaires et ancien cycliste Louis Garneau, l’ancien lanceur et président des Capitales de Québec, Michel Laplante, l’ancien patineur de vitesse et médaillé olympique François Drolet, l’ancien footballeur du Rouge et Or Guillaume Rioux et l’ancien joueur professionnel de basketball, Charles Fortier.

Six personnalités sportives : Louis Garneau, Guillaume Rioux, Michel Laplante, Simon Gagné, Charles Fortier et François Drolet ont accepté de s'associer au projet de recherche sur les commotions cérébrales. Six personnalités sportives : Louis Garneau, Guillaume Rioux, Michel Laplante, Simon Gagné, Charles Fortier et François Drolet ont accepté de s’associer au projet de recherche sur les commotions cérébrales. Photo : Radio-Canada

Pas choisis au hasard

Ces personnalités sportives ont toutes évolué dans des sports où les commotions cérébrales sont présentes.

Simon Gagné a lui-même subi plusieurs commotions durant sa carrière.

« C’est épeurant. On voit dans les médias des joueurs de hockey, des joueurs de football qui s’enlèvent la vie parce qu’ils ont subi plusieurs commotions dans leur carrière. La protéine Tau se propage dans ton cerveau et tu perds la tête », affirme-t-il.

« Un bras cassé, c’est six semaines et ça va revenir, tu vas être correct. Quand ça touche la tête, je trouve ça épeurant. De pouvoir aider pour qu’on trouve des réponses, c’est naturel pour moi de participer », explique Michel Laplante.

« J’ai eu des étourdissements longtemps. Aujourd’hui, j’ai peut-être un peu de troubles de sommeil. Est-ce que c’est l’âge? Le traumatisme? On ne le sait pas. La recherche pourrait permettre de le dire », ajoute Louis Garneau.

La clef : la protéine Tau

Les chercheurs vont concentrer leurs travaux sur des groupes d’athlètes. Ils tentent de trouver une façon de détecter une protéine spécifique, la protéine Tau, qui se propage parfois dans le cerveau après une commotion cérébrale sévère ou un traumatisme crânien.

Présentement, on peut la détecter uniquement après le décès de la personne atteinte. La même protéine serait impliquée dans diverses maladies, dont des maladies dégénératives.

« Lorsque les gens ont des séquelles à plus long terme, on n’a pas d’outil pour déterminer si ces séquelles-là vont mener éventuellement à des conséquences plus graves avec l’âge. On a beaucoup d’inconnues encore », explique Nicolas Dupré..

SOURCE : RADIO-CANADA