Six personnalités sportives bien en vue de Québec se sont associées à la Fondation du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec pour appuyer le projet de recherche des Drs Nicolas Dupré et François Gros-Louis afin de prévenir les maladies résultant des commotions cérébrales à moyen et long terme.

 

L’ex-ailier des Flyers de Philadelphie Simon Gagné, le président des Capitales de Québec et ex-lanceur Michel Laplante, l’homme d’affaires et ancien cycliste olympique Louis Garneau, le médaillé olympique en patinage de vitesse sur courte piste François Drolet, l’entraîneur des receveurs de passes et ex-footballeur du Rouge et Or Guillaume Rioux et le président des équipes de basketball du Rouge et Or Charles Fortier ont annoncé jeudi en conférence de presse qu’ils s’associaient à l’initiative projetsportif.org, une campagne de financement grand public qui vise à amasser 325 000 $ d’ici la fin de 2019 qui fait partie d’une grande campagne visant à recueillir 6 millions $ sur trois ans.

«Pour l’instant, nous n’avons aucun outil diagnostique pour prédire qui aura des séquelles, des pathologies, des suites d’une commotion cérébrale. Actuellement, on ne peut détecter la tauopathie, qui est une accumulation de la protéine Tau dans le cerveau de ceux qui ont eu des traumatismes crâniens répétés, qu’après leur décès quand ils donnent leur cerveau à la science», explique le Dr Dupré.

Les recherches des Drs Dupré et Gros-Louis visent donc à contribuer à développer une forme d’imagerie ou de détection des biomarqueurs qui pourrait ensuite paver la voie à une forme de thérapie pour les personnes qui pourraient garder des séquelles d’une commotion cérébrale, mais aussi à détecter les commotions plus rapidement afin de débuter les traitements de manière hâtive.

Interpelés

Pour Simon Gagné, qui a subi au moins huit commotions dans sa carrière de hockeyeur, l’association était toute naturelle. «La recherche est importante, car c’est inquiétant de ne pas savoir si on aura, plus tard, des pathologies en raison des commotions qu’on a eues plus tôt dans notre vie», a-t-il déclaré. Même son de cloche du côté de Charles Fortier. «J’ai eu deux ou trois bonnes commotions, au cégep et avec les Kebs et aussi un gros accident de vélo il y a cinq ans. Là, ça va bien, mais ça me pend toujours au-dessus de la tête», illustre-t-il.

Pour Michel Laplante, qui a été tenu à l’écart des commotions dans la pratique de son sport, celle qu’il a subie dans l’accident d’hélicoptère auquel il a survécu l’a bien sûr sensibilisé à la question, mais surtout les deux commotions subies par sa fille, qui pratique le rugby et le volleyball. «Elle a simplement reçu un ballon sur le côté de la tête et a été trois semaines sans aller à l’école. Ce n’est vraiment pas drôle de voir ton enfant en dépression à cause de cela», a-t-il fait remarquer.

Même s’il a lui aussi été relativement épargné par les commotions, Guillaume Rioux considère la recherche des deux médecins comme très importante. «Il y a déjà beaucoup d’amélioration au football par rapport aux années 90, mais les effets néfastes des commotions à long terme sont encore très mal connus. C’est certain que ça m’interpelle, même si je continue de dire que la pratique du sport demeure bénéfique pour la santé malgré les risques.»

Quant à François Drolet et Louis Garneau, leur travail pour développer des équipements protecteurs de meilleure qualité les a amenés au Projet Sportif. «Je ne pense pas avoir fait de commotion durant ma carrière de patineur, mais le sport évolue et les jeunes vont plus vite aujourd’hui. Il n’est pas rare de voir des commotions chez des athlètes de 10 et 11 ans. Comme spécialiste de l’équipement d’Équipe Canada, j’ai fait la promotion du casque développé avec Louis Garneau qui protège entre autres de l’effet rotationnel sur le cerveau qui peut causer des dommages même après une chute banale», explique-t-il.

Louis Garneau, qui a subi une commotion lors d’un accident de vélo l’été dernier, est d’ailleurs très fier de cette réalisation. «C’est le meilleur casque pour patineurs de vitesse au monde! Maintenant, je travaille sur le casque du futur pour les cyclistes. Je sais que mon casque m’a sauvé la vie l’été dernier, mais je veux que le prochain soit encore meilleur.»

Comme ambassadeurs de la campagne, les six sportifs permettent à tous les donateurs de 20 $ de courir la chance de gagner un moment privilégié en leur compagnie ainsi qu’un crédit-voyage de 5000 $.

SOURCE : LE SOLEIL