Eric Lindros a exhorté les députés à élaborer un protocole national pour prévenir et traiter les commotions liées au sport, mercredi, dans son témoignage devant un comité de la Chambre des communes.

L’ancien hockeyeur a notamment suggéré aux jeunes, dont le cerveau est encore en développement, de délaisser pendant au moins quelques mois par année les sports rudes.

Il a aussi plaidé pour l’interdiction de frapper l’adversaire avant le milieu de l’adolescence. Il croit de plus que tout joueur qui inflige un coup à la tête devrait être sévèrement puni.

Lindros, dont la carrière dans la LNH a été écourtée à cause de nombreuses commotions, a parlé devant un comité spécial des Communes, qui étudie ce que le gouvernement fédéral devrait faire ou non au sujet des blessures à la tête liées au sport.

L’homme de 45 ans n’a pas voulu commenter au sujet de la LNH ou d’autres sports professionnels. Il estime que les députés perdraient leur temps à essayer de persuader les ligues professionnelles d’améliorer leurs protocoles de prévention et de traitement des commotions cérébrales.

« Très honnêtement, chaque fois que vous mélangez le sport et l’argent, les lignes deviennent floues », a déclaré Lindros.

L’ancien centre des Flyers de Philadelphie pense que l’accent devrait être mis sur les niveaux pee-wee et junior, où les jeunes pourraient être sensibilisés aux commotions cérébrales.

Avant son témoignage, Lindros a dit que de nombreux bons efforts sont déployés pour créer des protocoles de commotion, mais ils varient d’un sport à l’autre et d’une région à l’autre.

« J’aimerais que les protocoles soient harmonisés, a-t-il dit. Que ce soit de l’équitation, du soccer ou du hockey, une commotion est une commotion. »

Lindros a dit que lorsqu’il était jeune, il avait l’habitude de prendre une pause du hockey de mai à septembre, chaque année. Mais dans un contexte où de plus en plus de jeunes font du sport de contact 12 mois par année, il a comparé le cerveau à une camionnette qui se trouverait de façon répétée sur des routes cahoteuses.

« Si vous ne prenez pas un répit de temps en temps, quelque chose va briser, a-t-il dit. Tôt ou tard, c’est inévitable. »

Le comité a également entendu Chris Nowinski, qui a été lutteur professionnel, après avoir joué au football dans la NCAA. Il est le fondateur et le PDG de la Concussion Legacy Foundation.

Nowinski a déclaré que, dans le passé, les athlètes avaient essentiellement honte de ne pas continuer à jouer après une commotion. « Au cours des 12 dernières années, a-t-il dit, des progrès ont été réalisés pour convaincre les jeunes athlètes qu’ils n’ont pas besoin d’être un héros. »

« Le danger ne vient pas seulement des commotions cérébrales elles-mêmes, mais de la répétition des coups à la tête au fil du temps, a dit Nowinski. Cela peut entraîner une perte de mémoire, un déclin cognitif, des changements de comportement et des troubles de l’humeur plus tard dans la vie. »

 

SOURCE : RADIO-CANADA